The Challenge (1982) & autres Mifune

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The Challenge (1982) & autres Mifune

Messagepar Dôji Rinne » 21 Juil 2014, 19:40



http://www.youtube.com/watch?v=an2fP7taV90

Un film américain en coopération avec les japonais, le scénario est un peu cliché (ou plutôt, on va dire qu'il fait partis des origines des clichés en question) mais les combats sont pas mauvais. Dans un sens, c'est un prédécesseur du film de Mister Cruise, avec un acteur moins beau (mais moins con dans le même temps).

Si vous êtes nuls en anglais, c'est pas grave, on comprend parfaitement avec les images et le résumé en-dessous. Pour le reste, l'américain n'a en général rien à dire.

Vers là fin, ils montrent notamment comment des tactiques traditionnelles & des armes primitives (épées, flèches...) peuvent se débrouillées contre des armes à feu. Il est tout de même regrettable que les mobs crèvent aussi facilement... sans parler des shuriken qui infligent des plaies peu profondes, la police japonaise est entraînée avec un art martial mix qui lui est propre, mais qui inclue le Kendô. En tant qu'artistes martiaux, ça serait surprenant qu'ils ne se sentent pas honteux de tirer à la mitraillette sur un type qui les défit avec un katana, AMHO, quoique d'un autre côté, ça peut mettre en valeur la réaction colérique de Yoshida Hideo, lorsque son duel est interrompu. Mais bon, comme tout le monde sait, le Policier moyen est déjà pas brillant, d'où la formule mathématique :

Police + Petit Personnel = Dur dur de trouver du personnel qualifier de nos jours ! :wgnaha:


Le seul regret pour moi, c'est qu'il n'y a rien autour des sabres niveau background. Ils ont étés volés (pardon, "confisqués") par les américains après la 2nde Guerre Mondiale et avant, ils étaient la fierté de la famille depuis des générations, okay... des "horimono" (gravures sur l'acier) ont aussi étés utilisés pour que le télespectateur, amateur en estimation des sabres, puisse les reconnaître facilement... et ?

Il y a plein de trucs qui auraient put être utilisés pour étoffer le background.

Le nom m'a l'air bof, en premier lieu. Souvent, les sabres sont nommés d'après un exploit et/ou d'après le nom du forgeron ou de l'un de ses détenteurs célèbres. Par exemple, Kanze Masamune, un katana forgé par Masamune et qui était détenu par la famille d'acteur Nô Kanze. Ou encore Dôji-giri Yasutsuna. Ou encore, Onikirimaru. Ou encore, Kabutowari Kanesada, un wakizashi forgé par Izumi-no-kami Kanesada et qui fût testé sur un heaume (qu'il réussit fendre en deux, pas un mince exploit), détenu par Saigo Takamori et avec lequel il est représenté sur sa statue à Tokyo. Les noms des sabres de ce film ne semblent pas... porteur de légende, si je puis dire.

Depuis l'antiquité japonaise, des épées et des sabres ont étés utilisés comme offrandes aux dieux et comme Shintai, on parle alors de Go-Shintô. En d'autres termes, si les GI avaient pris un tel sabre, ça aurait été comme des vikings qui prennent un crucifix en or dans une église qu'ils sont en train de piller (et ce genre de chose s'est effectivement produit, puisque les ricains n'ont pas lésinés dans la confiscation des sabres).

Cela aurait aussi put être des Yôtô, qui en tant que lames maudites mais douées d'une âme propre, doivent logiquement êtres conservées et protégées par des pros capable de contenir la malédiction (et donc, évidemment pas par des ricains).

Ils auraient aussi put êtres utilisés pendant la guerre par un membre de la famille.

D'ailleurs, en premier lieu, ça ne sert à rien de parler des sabres confisqués (Akabane-tô) restitués par un citoyen américain qui vient apprendre le Bushidô, si ce n'est pas pour glisser une réplique du genre : "Je suis désolé que ma patrie soit une nation de jackass." Les USA, comme toutes les nations colonialistes, n'ont jamais présentées d'excuses formelles aux pays qu'ils ont colonisés (Japon excepté... plus quelques remarques futiles de ministres français). Il ne faut pas oublier, à propos des tribunaux de guerre, que seul le vaincu est jugé, les exactions du vainqueur ne le sont jamais, ce qui discrédite le tribunal... lors de l'occupation américaine, il y a eut de nombreux viols et les soldats américains se sont souvent comportés de façon tyrannique. D'un autre côté, bien qu'on entend souvent les médias chinois et coréens faire des esclandres sur les japonais, les avis des individus sont parfois bien plus neutres.

Un citoyen chinois m'a dis : "Nous en Chine, on aime le Japon, c'est l'extrême droite qu'on déteste." Il faut ajouter aussi que les écoliers et écolières chinois regardent Détective Conan, et potentiellement d'autres animés. Certains témoignages de vieillards du Sud-Est Asiatique disent aussi que les soldats japonais étaient gentils, dur à la tâche et consciencieux (au passage, les marches militaires japonaises y sont longtemps restés populaires). Bref, en tant qu'individus, ils étaient exactement comme leurs enfants et petits-enfants qui ont redressés leur manches et bossés comme des dingues pour reconstruire l'économie japonaise... au sens propre (cf. les maladies du travail au Japon :eek: ). Ce qui semble crédible, puisqu'en dehors de la hiérarchie militaire, de l'entraînement difficile et des ordres et punitions exagérément sévères, les gens ont aussi une vie.

Il y a eut une affaire longtemps cachée ou des soldats noirs allaient régulièrement dans un village pour violer de l'autochtone plus ou moins rétives. Ils étaient tellement sûr d'avoir émasculés les japonais qu'ils ne venaient pas armés là plupart du temps ! Les villageois les ont butés et jetés les macchabés dans une crevasse pour spéléologue. Et ils n'ont étés retrouvés que longtemps après que ces GI aient étés "portés disparus". Etrangement, ceux qui se comportaient le plus "respectueusement" étaient les généraux LeMay & Macarthur... LeMay a publiquement avoué que si l'Empire avait gagné la guerre, il aurait certainement été condamné comme criminel de guerre pour tous les bombardements sur les civils qu'il a ordonné. Par la suite, il a encouragé la réconciliation en faisant apprendre le Judô à ses hommes, un art martial pacifique et conçu pour éduquer une nation, selon les propres mots de Kanô Jigorô. De même, le général Macarthur était une sorte de visionnaire, car il se rendait bien compte que le futur économique de la planète était en Asie pour les décades à venir. Aussi se comportait-il de façon plus respectueuse que l'on attendait de lui envers les leaders asiatiques, parmi lesquels l'Empereur Shôwa. Mais même Macarthur a pris des décisions très discutables.

Bref, il y avait plein de possibilités et l'occasion de faire passer des messages, mais elles n'ont guère étés saisies. Dans un sens, c'est très étrange que Otokojuku fasse plus pour l'amitié entre les peuples et la réconciliation, que ce que ne font ces autres peuples eux-même (en particulier la Chine et les USA, quoi), sachant que Otokojuku parle de Nationalisme et d'über-virilité.
« Les prêtres égyptiens m’affirmaient qu’aucun dieu n’était apparu sous la forme humaine depuis 11 340 ans. Mais ils m’enseignaient que, durant cette période, à quatre reprises, le soleil s’était levé en un point du ciel différent. »
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Re: The Challenge (1982) & autres Mifune

Messagepar Dôji Rinne » 15 Nov 2014, 22:39

Abe Ichizoku...

http://www.youtube.com/watch?v=KqsOb4cdGE4

Un autre film sans Mifune cette fois. Il exalte particulièrement l'esprit du Bushidô et son interprétation par Hagakure, mais également la complexité de la vie comme samouraïs. Voyez comme les décisions prises à la légère mettent la confusion partout dans le clan. Un imbécile sur YouTube a commenté son ignorance des principes du Bushidô et sa partialité avec une éducation d'origine judéo-chrétienne qui se justifie en cultivant la peur de la mort...

The people who committed suicide never thought of others whom they left behind, but only themselve


Le Seppuku n'est pas un suicide ordinaire. Il y a des conséquences légales et sociales positives, pour le défunt et ceux qui restent. Cette tradition, depuis les tout débuts, n'a pas été initiée par un lâche qui tentait de fuir la vie, mais par le grand guerrier Minamoto-no-Tametomo. En exil sur une île, il en fît d'abord la conquête, puis le clan Taira inquiet se lança à sa poursuite. Tametomo, le plus grand archer de l'Histoire du Japon, prit son grand arc et tira sur le bateau ennemi et les trous qu'il ouvrit ainsi dans sa coque le firent couler ! Puis, Tametomo se retira en riant de ses ennemis, et décida d'en finir avant qu'ils n'arrivent pour le tuer. Si Tametomo décida de s'éviscérer, c'est par ce qu'en raison de la douleur de cette mort et de son caractère volontaire, ses ennemis ne pouvaient pas l'accuser d'avoir fait preuve de lâcheté. Au contraire, ils firent son éloge. Et l'Histoire également.

Cette manière légère de parler par des gens qui refusent même d'envisager les croyances des autres où le mode de vie d'autres sociétés ou des temps moins paisibles que celui dans lequel ils sont... c'est vraiment insupportable. Ni Tametomo, ni les samouraïs qui pratiquaient Junshi n'avaient de considérations pour "les autres qui sont laissés derrière" par ce qu'une telle chose était déplacée dans un tel contexte. Et même s'ils avaient eut des proches dépendants d'eux, les clans samouraïs n'étaient pas comme les entreprises modernes. On voit dans le film le seigneur ordonner que des pensions soient versées aux familles des suivants qui ont fais seppuku, en particulier celles qui n'ont pas d'héritiers mâles pour prendre la relève. Cette façon de pensée qu'à ce Bua Kittipalo est tellement ridicule, je suis sûr qu'il dirait la même chose aux Rois de Numenor qui préféraient se laisser mourir que d'attendre de se disgracier en devenant séniles. Même le premier Occidental à avoir été témoin d'un Seppuku, bien qu'horrifié, à loué le courage chevaleresque du défunt - c'est cela une attitude appropriée.

Même les clones sont des individus différends de l'original, avec leur esprit propre et leur libre arbitre, alors ne parlons pas des enfants naturels ou des autres membres de la famille. Pas plus que les enfants ne sauraient êtres des outils pour y infuser la volonté des parents, les membres de vos familles n'ont pas étés créées pour vous faire plaisir ou vous fournir un cadre de vie rassurant. C'est en étant libres que les êtres humains sont pour le mieux.



En 20ème minute c'est Yashima Noh qui raconte les évènnements de Dan no Ura du point de vue d'un survivant, contemporain de Minamoto no Tametomo, Taira no Kagekiyo. Dans la pièce, Kagekiyo est devenu un vieil homme errant, sa fille qui le recherchait depuis des années finit par le retrouver, mais Kagekiyo voulant mourir seul lui fait promettre de lui faire ses adieux une fois qu'il lui aura raconté ses souvenirs de guerre. C'est là que commence là danse effectué par le grand père.

Lorsque les samouraïs du clan Abe se préparent à la bataille finale, ils récitent Maka Hannya Shingyo, le sutra du cœur, très utilisé pour les funérailles mais également récité quotidiennement dans les temples bouddhistes. Kanon Bosatsu, Avalokitsvara, y enseigne la nature de la réalité, explique comment aborder le problème de la Vie et de la Mort, puis à la fin (un passage qui n'est pas récité dans le film) ce qui est selon Kanon le Mantra ultime, véritable Mantra.
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